Dans un match officiel, chaque équipe peut aujourd'hui effectuer cinq remplacements, répartis sur trois temps d'arrêt de jeu, avec un sixième changement possible en cas de prolongation. Une règle née de la pandémie de Covid-19 et désormais gravée dans les lois du jeu. Mais derrière ce chiffre se cache tout un cadre : une procédure stricte sur le terrain, des règles différentes chez les amateurs et les jeunes, un banc de touche organisé au cordeau et un rôle de remplaçant souvent décisif. Voici le tour complet de la question.
Combien de remplaçants sont autorisés dans un match de football ?
C'est la question que tout le monde se pose, et la réponse a changé en quelques années. Avant 2020, la norme dans la plupart des grandes compétitions était de trois remplacements par match. Depuis, ce nombre est passé à cinq, et cette évolution a été inscrite définitivement dans les lois du football.
La règle des 5 remplacements (et la règle des trois fenêtres)
Chaque équipe dispose de cinq remplacements par rencontre. Une subtilité importante accompagne ce chiffre : ces cinq changements doivent être effectués en trois arrêts de jeu maximum, la mi-temps n'étant pas comptabilisée comme une fenêtre. Concrètement, un entraîneur qui souhaite faire entrer trois joueurs ne peut pas multiplier les interruptions à l'infini : il devra grouper certains changements pour ne pas gaspiller ses opportunités. Cette mécanique des trois fenêtres vise à limiter les pertes de temps et à préserver le rythme du jeu.
Le 6ᵉ changement en prolongation
Lorsqu'un match se prolonge au-delà du temps réglementaire, en coupe ou en phase à élimination directe, les équipes bénéficient d'un sixième remplacement, accompagné d'une fenêtre supplémentaire. Ce changement additionnel permet de gérer la fatigue accumulée sur 120 minutes de jeu, particulièrement éprouvantes physiquement. C'est souvent à ce moment que les entraîneurs jouent leurs dernières cartes pour faire basculer une rencontre serrée.
Matchs amicaux : jusqu'à six remplacements, voire illimités
Les rencontres amicales obéissent à des règles plus souples. Lors des matchs amicaux entre équipes nationales A, il est possible de faire entrer jusqu'à huit remplaçants parmi les quinze inscrits, et les deux équipes peuvent même s'accorder pour en utiliser davantage. Dans les matchs amicaux non internationaux, le nombre de changements n'est tout simplement pas limité, à condition que les deux équipes se mettent d'accord avant le coup d'envoi et que l'arbitre en soit informé. Cette flexibilité permet aux sélectionneurs de tester un maximum de joueurs lors des phases de préparation.
Comment se déroule un remplacement ? La procédure officielle (loi 3)
Un remplacement ne se résume pas à un joueur qui sort et un autre qui entre. La loi 3 des lois du jeu, gérée par l'IFAB (International Football Association Board), encadre précisément chaque étape de l'opération.
Les étapes : arrêt de jeu, sortie, entrée du remplaçant
La procédure suit un ordre immuable. L'arbitre doit d'abord être informé du changement à venir. Le remplacement ne peut s'effectuer que pendant un arrêt de jeu. Le joueur remplacé quitte alors le terrain, en principe par la ligne la plus proche, et ce n'est qu'une fois sa sortie effective que le remplaçant est autorisé à pénétrer sur la pelouse, après y avoir été invité par l'arbitre. Le nom de chaque remplaçant doit avoir été communiqué à l'arbitre avant le début de la rencontre : un joueur non inscrit sur la feuille de match ne peut pas entrer en jeu.
Le rôle du 4ᵉ arbitre et du panneau d'affichage
Sur les matchs encadrés, c'est le quatrième arbitre qui orchestre les changements depuis la ligne de touche. Il brandit le panneau lumineux indiquant le numéro du joueur sortant et celui du joueur entrant, et veille au bon respect de la procédure. Ce panneau d'affichage, devenu familier au public, sert aussi à indiquer le temps additionnel. Dans le football amateur, en l'absence de quatrième arbitre, c'est l'arbitre central qui valide chaque remplacement d'un signe de la main.
Un joueur remplacé peut-il revenir sur le terrain ?
Dans le football professionnel, la réponse est non : un joueur sorti ne peut plus revenir en jeu durant la rencontre. Une fois remplacé, il prend place sur le banc et son match est terminé. Cette règle est l'une des grandes différences avec le football amateur, où le retour en jeu d'un joueur remplacé est fréquemment autorisé, comme nous le verrons plus bas.
Testez vos connaissances sur les remplacements
Les remplaçants dans le football amateur et chez les jeunes
Les règles décrites jusqu'ici concernent le haut niveau. Sur les terrains du dimanche et dans les catégories de jeunes, le cadre est sensiblement assoupli pour s'adapter à la réalité du football de base.
Changements illimités et retour en jeu autorisé
Dans de nombreuses compétitions amateures, le nombre de remplacements est bien plus généreux qu'en professionnel, et surtout, un joueur sorti peut souvent revenir en jeu par la suite. Cette souplesse répond à un objectif simple : faire jouer un maximum de licenciés, gérer les petits bobos sans sacrifier un joueur pour tout le match, et permettre aux entraîneurs de faire tourner leur effectif. Les modalités exactes dépendent toutefois de la fédération et du règlement propre à chaque compétition.
| Catégorie | Remplacements max | Retour en jeu | Particularités |
|---|---|---|---|
| Professionnel | 5 (+1 en prolongation) | Non | 3 fenêtres maximum |
| Amateur | Illimités | Souvent autorisé | Selon règlement |
| Jeunes | Variable | Oui | Apprentissage prioritaire |
Coupe de France : 7 remplaçants inscrits dès les 1/32
La Coupe de France illustre bien ces variations. À partir des 1/32 de finale, les équipes peuvent inscrire jusqu'à sept remplaçants sur la feuille de match, un nombre supérieur à ce qui se pratique habituellement en championnat amateur. Cette disposition reflète l'enjeu croissant de la compétition à mesure qu'on approche des tours nationaux, où s'affrontent parfois clubs amateurs et professionnels.
Les règles FFF selon les catégories d'âge
Chez les jeunes, l'IFAB précise que le football de jeunes échappe au plafond de cinq remplacements : le nombre maximum est laissé à l'appréciation des organisateurs. La Fédération Française de Football adapte ainsi ses règlements selon les catégories d'âge, privilégiant le temps de jeu et l'apprentissage sur la performance. Pour les éducateurs, l'essentiel est de consulter le règlement spécifique de leur compétition, car les pratiques varient d'un district et d'une catégorie à l'autre.
Le banc des remplaçants : organisation et équipement
Le banc de touche n'est pas qu'une rangée de sièges en bord de pelouse. C'est un espace réglementé, où se joue une partie de la stratégie du match et où prennent place des acteurs aux rôles bien définis.
Qui prend place sur le banc (remplaçants et staff) ?
Le banc accueille évidemment les joueurs remplaçants, prêts à entrer à tout moment, mais aussi l'ensemble du staff technique et médical : entraîneur principal, entraîneur adjoint, préparateur physique, kinésithérapeute, médecin. Chaque personne autorisée à s'y asseoir est inscrite sur la feuille de match, et le nombre de places est lui-même encadré par les règlements des compétitions. La zone technique, délimitée devant le banc, est le seul espace où l'entraîneur est autorisé à se déplacer pour transmettre ses consignes.
Combien de remplaçants inscrire sur la feuille de match ?
Le nombre de remplaçants pouvant figurer sur la feuille de match a été relevé ces dernières années : l'IFAB l'a porté de douze à quinze, à la discrétion des organisateurs des compétitions. C'est cette évolution qui a ouvert la voie aux listes de vingt-six joueurs en grande compétition internationale, contre vingt-trois auparavant. Sur le banc, parmi ces remplaçants inscrits, seuls cinq pourront effectivement entrer en jeu lors d'un match officiel : le reste constitue la réserve mobilisable au gré des circonstances.
Le banc de touche, un équipement encadré
Au-delà des règles, le banc de touche est avant tout un équipement à part entière du terrain. Abrité, aligné face à la pelouse et dimensionné pour accueillir l'ensemble du groupe, il doit offrir aux joueurs et au staff un espace confortable pour suivre la rencontre et rester concentrés. Les clubs qui souhaitent s'équiper sérieusement optent généralement pour un banc de touche de qualité conçu pour les structures sportives, garant d'une installation durable et conforme aux standards d'un terrain officiel. Que ce soit pour un stade municipal ou un complexe de club, la qualité de cet équipement participe directement aux bonnes conditions de jeu et à l'image du club.
Le rôle du remplaçant : bien plus qu'un joueur sur le banc
Être remplaçant ne signifie pas être spectateur. Le statut comporte des responsabilités, une préparation spécifique et, parfois, un impact décisif sur l'issue d'un match.
Rester prêt : l'échauffement pendant le match
Un bon remplaçant est un joueur qui peut entrer à froid et être immédiatement efficace. Cela suppose un échauffement régulier le long de la ligne de touche, une attention constante au déroulement du jeu, et un mental prêt à basculer en mode compétition en quelques secondes. Le remplaçant joue aussi un rôle dans la dynamique de groupe : il encourage ses coéquipiers, participe à l'échauffement du gardien et entretient l'énergie collective de l'équipe depuis le banc.
L'impact tactique d'un changement bien géré
Les remplacements sont l'une des principales armes tactiques d'un entraîneur. Faire entrer un attaquant pour forcer la décision, un milieu défensif pour verrouiller un score, ou rafraîchir un côté du terrain en fin de match : chaque changement répond à une intention. Avec cinq remplacements disponibles, les coachs disposent aujourd'hui d'une marge de manœuvre bien plus large qu'à l'époque des trois changements, ce qui a transformé la gestion des fins de match.
Le « super-sub », ces remplaçants qui décident des matchs
L'histoire du football regorge de joueurs entrés en cours de match pour devenir les héros de la rencontre. Ces « super-subs », remplaçants à l'instinct de buteur ou au sang-froid décisif, ont marqué des finales et des matchs couperets. Leur existence prouve qu'un match ne se joue pas seulement avec onze titulaires, mais bien avec l'ensemble du groupe, banc compris. Un argument de plus pour soigner la préparation et l'état d'esprit de tous les joueurs de l'effectif.
Les remplacements dans les grandes compétitions
Ligue 1, Ligue des Champions, Ligue Europa
En Ligue 1 comme dans les compétitions européennes de l'UEFA, la règle des cinq remplacements sur trois fenêtres s'applique pleinement. La Ligue des Champions et la Ligue Europa ont par ailleurs introduit la possibilité, sous conditions et durant la phase de championnat, de remplacer temporairement un joueur souffrant d'une blessure ou d'une maladie de longue durée, une disposition qui s'étend également à la Ligue Europa Conférence.
Coupe du monde : 26 joueurs, 15 remplaçants sur la feuille
En Coupe du monde, les sélectionneurs disposent de listes élargies à vingt-six joueurs, avec jusqu'à quinze remplaçants inscrits sur la feuille de match. Cette profondeur d'effectif est précieuse sur un tournoi au calendrier dense, où la gestion de la fatigue et des éventuelles suspensions devient un enjeu majeur sur la durée de la compétition.
Le remplacement temporaire pour commotion
Face aux enjeux de santé liés aux chocs à la tête, certaines compétitions ont recours à des remplacements permanents supplémentaires pour commotion cérébrale, conformément à un protocole spécifique de l'IFAB. L'objectif est clair : permettre de retirer un joueur suspecté de commotion sans pénaliser son équipe sur le quota de changements, en plaçant la protection du joueur au-dessus de toute considération tactique.
L'histoire de la règle des remplacements
La possibilité de remplacer un joueur en cours de match n'a rien d'évident dans l'histoire du football. Elle est le fruit d'une longue évolution, dictée par le souci d'équité et la protection des joueurs.
Avant 1950 : finir le match coûte que coûte
Aux origines du football de compétition, les remplacements n'existaient tout simplement pas. Une équipe qui perdait un joueur sur blessure devait terminer la rencontre en infériorité numérique, parfois pendant de longues minutes. Cette intransigeance pouvait fausser complètement le déroulement d'un match et exposait les joueurs blessés à de réels risques.
De 1 à 3 remplacements (1953 → années 2000)
Les premières substitutions, autorisées uniquement pour les joueurs blessés, apparaissent dans le courant des années 1950. Puis, au fil des décennies, les compétitions adoptent progressivement les remplacements tactiques. D'un seul changement autorisé, on passe à deux, puis à trois, un standard qui s'imposera dans la grande majorité des compétitions jusqu'au début des années 2000 et durant près de vingt ans.
Le passage à 5 : Covid-19 et validation IFAB 2022
Le bouleversement majeur survient en 2020. Face à la pandémie de Covid-19, aux calendriers surchargés et aux risques accrus de blessures, l'IFAB autorise temporairement cinq remplacements par match. La mesure, d'abord provisoire, est prolongée à plusieurs reprises avant d'être validée définitivement en 2022, inscrivant les cinq changements de façon permanente dans les lois du jeu. Une révolution silencieuse qui a durablement modifié la façon dont les entraîneurs gèrent leurs matchs.
Des trois changements traditionnels aux cinq remplacements actuels, en passant par le sixième de la prolongation, les règles du remplacement au football ont profondément évolué en quelques années. Procédure encadrée par la loi 3, banc de touche organisé et réglementé, spécificités du football amateur et des jeunes, rôle parfois décisif des entrants : le remplaçant est devenu un maillon essentiel de toute équipe, et le banc un véritable poste de commandement. Comme souvent dans le football, ces règles continueront d'évoluer au gré des décisions de l'IFAB, garant des lois du jeu, qui ajuste régulièrement le cadre pour fluidifier le jeu et protéger les joueurs.
FAQ : les remplacements au football
Combien de remplaçants peut-on inscrire sur une feuille de match ?
Le nombre maximum de remplaçants inscrits sur la feuille de match a été porté de douze à quinze par l'IFAB, à la discrétion des organisateurs de chaque compétition. C'est cette évolution qui permet aujourd'hui des listes de vingt-six joueurs en grande compétition internationale.
A-t-on droit à 6 remplacements au football ?
Oui, mais seulement dans certains cas. En match officiel, un sixième remplacement est autorisé uniquement si la rencontre se prolonge en temps additionnel. En match amical international, les équipes peuvent faire entrer jusqu'à huit remplaçants, et davantage encore par accord mutuel.
Un joueur remplacé peut-il revenir en jeu en amateur ?
Dans le football amateur, c'est souvent autorisé, contrairement au football professionnel où un joueur sorti ne peut plus revenir. Les modalités exactes dépendent toutefois du règlement de chaque compétition et de la fédération concernée.
Que se passe-t-il si une équipe a épuisé ses changements et qu'un joueur se blesse ?
En compétition professionnelle, l'équipe doit alors continuer avec un joueur de moins si tous ses remplacements ont été utilisés. Seul le protocole spécifique pour commotion cérébrale, lorsqu'il s'applique, permet un remplacement supplémentaire sans entamer le quota.
Le football féminin suit-il les mêmes règles ?
Oui, le football féminin applique les mêmes règles de remplacement que le football masculin. Des adaptations ponctuelles peuvent exister selon les championnats et les contraintes de calendrier, mais le cadre général reste identique.